Gabon : un énième hold-up électoral

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EELV a dénoncé avec force les pseudos résultats de l’élection présidentielle du 27 août au Gabon rendus publics par le Ministère de l’Intérieur gabonais, qui accordent la victoire à Ali Bongo, au pouvoir depuis 2009 après 42 années de présidence de son père Omar Bongo qui ont permis à cette dynastie située au cœur de la « Françafrique » de détourner à son profit et à celui d’une minorité d’alliés la manne pétrolière dont jouit le pays, au point d’accumuler des fortunes colossales alors que l’immense majorité de la population continue à vivre dans la misère.

Les résultats électoraux au Gabon ont systématiquement été truqués depuis des décennies et en particulier, Ali Bongo a été proclamé vainqueur en 2009 dans une présidentielle à un seul tour, avec 41,79 % des voix, devant Pierre Mamboundou (25,64 %) et feu André Mba Obame (décédé en avril dernier suite à une longue et mystérieuse maladie évoquant pour beaucoup un empoisonnement) ; alors que selon toute vraisemblance ce dernier était arrivé largement en tête et qu’Ali Bongo n’était arrivé qu’en troisième position. Ces élections truquées avaient provoqué des émeutes, notamment à Port Gentil, réprimées dans le sang.

Aujourd’hui le Gabon vit un sinistre et très prévisible remake de ce scénario, avec des résultats donnant Ali Bongo vainqueur avec 49,80 % des voix devant le candidat de l’opposition, Jean Ping, un ancien baron du régime d’Omar Bongo et ex-président de la Commission de l’Union Africaine, crédité de 48,23 %. Soit un écart de 5594 voix sur plus de 600 000 inscrits, Ali Bongo ne devant son salut, selon les chiffres officiels, qu’à son miraculeux score de 95,46 % des voix avec 99,93 de participation, dans sa province du Haut Ogooué, alors qu’il était devancé dans les 8 autres provinces…

Ce nouveau hold-up électoral a déclenché des manifestations parfois violentes de la part d’un peuple exaspéré, le Parlement a été partiellement incendié, ce qui a donné l’occasion au pouvoir d’une répression à tout va : le QG de Jean Ping a été investi par la garde républicaine, Jean Ping a indiqué des morts et blessés dans l’assaut, dont certains grièvement, et des centaines d’opposants ont été arrêtés, rejoignant derrière les barreaux ceux arrêtés préventivement en juillet.

La communauté internationale qui s’est toujours accommodée du régime Bongo, la France au premier chef dont les grands partis politiques français ont longtemps et beaucoup bénéficié de ses largesses clandestines, s’est montrée cette fois unanime : tant l’Union Européenne que les Etats-Unis ou la France réclament la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote pour garantir la transparence (protestations de façade manifestement).

EELV assure le peuple gabonais de sa solidarité dans la lutte pour la démocratie, demande la libération des prisonniers politiques gabonais et demande à la communauté internationale, à l’Union européenne et à la France, de ne pas reconnaître la réélection d’Ali Bongo et d’imposer des sanctions à son régime, tout comme à ceux de ses pairs frauduleusement réélus, au Togo, au Congo-Brazzaville et ailleurs…

EELV a organisé, à l’initiative de Régis Essono, une conférence-débat sur les « Élections en Afrique en 2016 » en présence notamment de Delphine Lecoutre (Amnesty international), Laurence Ndong (Coalition Tournons la page), Remy Bazenguissa-Ganga (Directeur d’études, EHESS) et Régis Marzin (journaliste).

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